mercredi 10 janvier 2018

Roméo et Juliette. - William Shakespeare


« Deux anciennes Maisons d'égale dignité, 
Dans la belle Vérone où se tient notre scène, 
Font un nouvel éclat de leur antique hargne, 
Le sang civil salit les mains des citoyens. 
Or dans le sein fatal de ces deux ennemis, 

Deux amants prennent vie sous la mauvaise étoile... 

Leur malheureux écroulement très pitoyable enterre en leur tombeau la haine des parents. Les terribles moments de leur amour mortel, et l'obstination des rages familiales, que rien sinon la mort des deux enfants n'apaisera. Pendant deux heures nous le jouerons sur ce théâtre ; et si vous nous prêtez une patiente oreille, tout défaut, notre zèle le rachètera... »

224 pages, format poche 
prix ; 4euros95 (amazon)

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Une très belle lecture... 

... malgré quelques difficultés lors des premières pages.

Le langage est soutenu, rien de plus normal me diriez-vous, je m'y attendais, mais ça déroute un peu... Entre ça, et le format, j'ai donné un bon coup de pied à mes petites habitudes ! Et je ne regrette pas du tout. 

Qui ne connaît pas Roméo et Juliette ? Je les connaissais dans les grandes lignes, jusqu'à maintenant, et je dois avouer que je regrette amèrement d'avoir mis autant de temps à me pencher sur ce classique... Il est quand même dans ma bibliothèque depuis plus de 3 ans... ! J'ai un peu honte en y repensant... Parce que j'ai vraiment trouvé cette pièce sublime, et ça a ravivé une petite passion bien cachée : la comédie, le théâtre... C'est tout simplement magique, merveilleux

Je me suis sentie tellement vivante, les pages ont défilé ! Je m'imaginais Roméo, là, en bas, et Juliette, à sa fenêtre, la pâle Lune les éclairants, complice de leur amour interdit

Les tirades sont merveilleuses. elles sont remplies de vie, de tristesse, de colère, de frustration... d'Amour ! Elles s’enchaînent, se fracasse avec passion les unes sur les autres... C'est éblouissant. Je ne pouvais pas m'empêcher de m'imaginer chaque scène. 

Et... Oui, j'ai trouvé que Roméo c'était d'un seul coup très vite remis de son précédent échec amoureux... Mais j'ai trouvé justement que, ça rajoutait une couche d'amour fou à tout ça ! C'était un coup de foudre. Un pur, un dur ! Rempli de promesse, une pure ivresse amoureuse... Mais il a fallu que de vieilles querelles puériles viennent entachées leur amour et leurs rêves.

Une pièce tragique, que je compte bien relire.

Pour la faire revivre, et pour faire éclore de nouveau toute cette palette de sentiments, 
encore plus intensément


« Retiens ta main désespérée ! Es-tu un homme ? ta forme crie que tu en es un ; mais tes larmes sont d’une femme, et ta sauvage action dénonce la furie déraisonnable d’une bête brute. Ô femme disgracieuse qu’on croirait un homme, bête monstrueuse qu’on croirait homme et femme, tu m’as étonné !… Par notre saint ordre, je croyais ton caractère mieux trempé. Tu as tué Tybalt et tu veux te tuer ! tu veux tuer la femme qui ne respire que par toi, en assouvissant sur toi-même une haine damnée ! Pourquoi insultes-tu à la vie, au ciel et à la terre ? La vie, le ciel et la terre se sont tous trois réunis pour ton existence ; et tu veux renoncer à tous trois ! Fi ! fi ! tu fais honte à ta beauté, à ton amour, à ton esprit. Usurier, tu regorges de tous les biens, et tu ne les emploies pas à ce légitime usage qui ferait honneur à ta beauté, à ton amour à ton esprit. Ta noble beauté n’est qu’une image de cire, dépourvue d’énergie vide ; ton amour ce tendre engagement, n’est qu’un misérable parjure, qui tue celle que tu avais fait vœu de chérir ; ton esprit, cet ornement de la beauté et de l’amour, n’en est chez toi que le guide égaré : comme la poudre dans la calebasse d’un soldat maladroit, il prend feu par ta propre ignorance et te mutile au lieu de te défendre. Allons, relève-toi, l’homme ! Elle vit, ta Juliette, cette chère Juliette pour qui tu mourais tout à l’heure : n’es-tu pas heureux ? Tybalt voulait t’égorger, mais tu as tué Tybalt : n’es-tu pas heureux encore ? La loi qui te menaçait de la mort devient ton amie et change la sentence en exil : n’es-tu pas heureux toujours ? Les bénédictions pleuvent sur ta tête, la fortune te courtise sous ses plus beaux atours ; mais toi, maussade comme une fille mal élevée, tu fais la moue au bonheur et à l’amour. Prends garde, prends garde, c’est ainsi qu’on meurt misérable. Allons, rends-toi près de ta bien-aimée, comme il a été convenu : monte dans sa chambre et va la consoler ; mais surtout quitte-la avant la fin de la nuit, car alors tu ne pourrais plus gagner Mantoue ; et c’est là que tu dois vivre jusqu’à ce que nous trouvions le moment favorable pour proclamer ton mariage, réconcilier vos familles, obtenir le pardon du prince et te rappeler ici. Tu reviendras alors plus heureux un million de fois que tu n’auras été désolé au départ… Va en avant, nourrice, recommande-moi à ta maîtresse, et dis-lui de faire coucher son monde de bonne heure ; le chagrin dont tous sont accablés les disposera vite au repos… Roméo te suit. »


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